Pédiatrie

Syndactylie

Doigts · séparation

Syndactylie

De quoi s’agit-il

La syndactylie est la fusion de deux doigts ou plus, présente à la naissance. Elle survient lorsque les doigts ne se séparent pas complètement au cours du développement précoce de la main.

On parle de syndactylie simple lorsque seuls la peau et les tissus mous sont en cause, et de syndactylie complexe lorsque les os sont également unis. L’espace entre le majeur et l’annulaire est le plus souvent touché. La syndactylie peut être isolée ou s’inscrire dans un syndrome, ce qui oriente l’évaluation initiale.

Symptômes

Les doigts sont unis sur une longueur variable, parfois jusqu’à l’ongle. La main fonctionne souvent étonnamment bien chez le nourrisson, et les limitations apparaissent surtout avec les gestes fins et la préhension d’objets larges.

Un point mérite attention : lorsque deux doigts de longueurs différentes sont unis — le pouce et l’index, ou l’annulaire et l’auriculaire — le doigt le plus long est progressivement tiré et se courbe à mesure que l’enfant grandit. C’est ce qui justifie une séparation plus précoce dans ces cas.

Traitement non opératoire

Il n’existe pas de moyen non chirurgical de séparer des doigts unis. La période avant la chirurgie sert à confirmer l’anatomie, à planifier le moment de l’intervention et, au besoin, à compléter le bilan.

L’ergothérapie peut accompagner l’enfant dans l’adaptation de ses gestes, mais elle ne remplace pas la séparation lorsque celle-ci est indiquée.

Traitement chirurgical

La séparation se fait par des lambeaux cutanés en zigzag, dessinés de façon à ce qu’aucune cicatrice ne traverse un pli de flexion en ligne droite. La commissure — le creux entre les doigts — est reconstruite par un lambeau local, afin qu’elle ait la profondeur et la forme d’une commissure normale.

Une greffe de peau est presque toujours nécessaire : deux doigts unis ne portent pas assez de peau pour en couvrir deux séparés. Les doigts de longueurs inégales sont séparés en premier, souvent avant le premier anniversaire. Un seul côté d’un doigt est séparé à la fois, afin de préserver sa vascularisation.

Rétablissement attendu

Un plâtre de protection est porté environ trois semaines, le temps que la greffe prenne. Suivent les changements de pansement, les soins de cicatrice — massage et compression — et la réadaptation.

Deux évolutions sont surveillées à long terme : la remontée progressive de la commissure au fil de la croissance, et la rétraction cicatricielle. L’une ou l’autre peut justifier une retouche plus tard dans l’enfance. Le suivi se poursuit donc jusqu’à la fin de la croissance.

Ces pages présentent de l’information générale destinée aux patients et aux médecins référents. Elles ne remplacent pas une évaluation individuelle : le plan de traitement se décide en consultation, à partir de votre examen et de vos objectifs.

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