Pédiatrie
Spasticité du membre supérieur
Tonus · fonction et soins
De quoi s’agit-il
La spasticité est une augmentation du tonus musculaire accompagnée d’une perte de contrôle sélectif, à la suite d’une atteinte du cerveau ou de la moelle épinière — paralysie cérébrale, accident vasculaire cérébral, traumatisme crânien.
Au membre supérieur, la posture typique associe une épaule tournée vers l’intérieur, un coude fléchi, un avant-bras en pronation, un poignet fléchi et un pouce dans la paume. Avec le temps, une posture d’abord souple peut devenir une rétraction fixée, ce qui change complètement les options de traitement.
Symptômes
La raideur rend difficile l’ouverture de la main. L’hygiène de la paume et du pli du coude devient problématique, l’habillage est laborieux, et la peau peut s’irriter dans les plis fermés.
Lorsque la sensibilité et le contrôle volontaire sont préservés, la gêne porte davantage sur l’usage du membre dans les tâches. Ces deux situations — un membre qui gêne les soins et un membre qu’on souhaite utiliser — n’appellent pas les mêmes interventions.
Traitement non opératoire
La prise en charge non opératoire reste la base : réadaptation et étirements, orthèses et plâtres successifs, injections de toxine botulinique pour réduire le tonus de muscles ciblés, et médication orale ou intrathécale gérée avec l’équipe de neurologie et de réadaptation.
La toxine botulinique a aussi une valeur diagnostique : en réduisant temporairement le tonus, elle permet de prévoir ce qu’un allongement chirurgical apporterait.
Traitement chirurgical
La chirurgie est envisagée lorsqu’une rétraction fixée limite la fonction ou les soins. Les options comprennent l’allongement ou la libération musculo-tendineuse, les transferts tendineux pour rééquilibrer le poignet et les doigts, la reconstruction du pouce dans la paume, et la neurectomie sélective. L’arthrodèse est utilisée lorsqu’une position stable et propre importe davantage que la mobilité.
L’évaluation préalable du contrôle volontaire et de la sensibilité est déterminante : c’est elle, plus que le degré de raideur, qui prédit qui tirera un bénéfice fonctionnel.
Rétablissement attendu
Les orthèses et la réadaptation se poursuivent plusieurs mois après la chirurgie, et la gestion du tonus continue en parallèle.
L’objectif est convenu avant l’intervention et formulé simplement : une main qui s’ouvre pour être lavée, un poignet qui tient sa position pour saisir, un coude qui permet d’enfiler une manche. C’est à cet objectif que le résultat est comparé.
Ces pages présentent de l’information générale destinée aux patients et aux médecins référents. Elles ne remplacent pas une évaluation individuelle : le plan de traitement se décide en consultation, à partir de votre examen et de vos objectifs.