Adulte
Traumatismes, microchirurgie et réimplantation
Reconstruction sous microscope
De quoi s’agit-il
La microchirurgie est la reconstruction de lésions sévères à l’aide d’un microscope opératoire, qui permet de réparer des vaisseaux et des nerfs d’un à deux millimètres de diamètre avec des fils plus fins qu’un cheveu.
Elle recouvre la réimplantation de doigts ou de mains amputés, la revascularisation, la réparation et la greffe nerveuses, et le transfert de tissu libre — déplacer de la peau, du muscle ou de l’os avec sa propre vascularisation, depuis une autre région du corps, pour couvrir une perte de substance.
Symptômes
Il s’agit de blessures plutôt que de conditions : amputation, dégantage, écrasement, injection sous haute pression, fracture ouverte complexe, ou plaie qui ne peut se refermer parce que de l’os, un tendon ou du matériel sont exposés.
Un mot sur l’injection sous haute pression : une plaie d’entrée minuscule à un doigt, après contact avec un pistolet à peinture ou à graisse, paraît anodine mais constitue une véritable urgence chirurgicale. Elle doit être évaluée sans délai.
Traitement non opératoire
Il n’y a pas d’alternative non opératoire à la lésion aiguë elle-même. En revanche, tout ce qui est amputé ne doit pas être réimplanté, et cette décision fait partie du traitement.
Un bout de doigt unique, écrasé ou souillé, ou un niveau de lésion où l’on obtiendrait un doigt raide et insensible, donne un moins bon résultat qu’une régularisation propre du moignon. Un doigt raide et douloureux gêne toute la main; il faut parfois accepter d’être plus court pour être plus fonctionnel.
Traitement chirurgical
Le délai est déterminant. Voici la bonne façon de transporter un segment amputé : l’envelopper dans une compresse humide, le placer dans un sac étanche, puis déposer ce sac sur de la glace. Jamais de contact direct avec la glace, et jamais dans l’eau — les deux causent des dommages irréversibles.
Au bloc, l’ordre est établi : l’os est stabilisé en premier, puis viennent les tendons, les artères, les nerfs et les veines, réparés sous microscope. Les lambeaux libres sont planifiés à l’aide d’imagerie et durent plusieurs heures.
Rétablissement attendu
La récupération est longue et se fait par étapes. Les premiers jours exigent une surveillance rapprochée de la circulation du tissu réimplanté ou transféré, dans une chambre chaude, sans tabac ni caféine — la nicotine, en particulier, provoque un spasme des vaisseaux réparés et compromet directement le résultat.
Suit une réadaptation intensive de plusieurs mois. La sensibilité revient lentement, à mesure que les nerfs repoussent — de l’ordre d’un millimètre par jour. Des interventions ultérieures pour libérer un tendon, greffer un nerf ou un os sont fréquentes : elles sont planifiées d’avance et ne signifient pas que quelque chose s’est mal passé.
Ces pages présentent de l’information générale destinée aux patients et aux médecins référents. Elles ne remplacent pas une évaluation individuelle : le plan de traitement se décide en consultation, à partir de votre examen et de vos objectifs.